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"Gilberte, par bonheur, avait un sentiment droit, un jugement sain que ne pouvait dénaturer tout à fait le malheureux Simiès.
Aussi, après avoir jeté sa pointe à l’adresse de ses petites compagnes de jeux, s’empressait-elle de témoigner de leurs bonnes qualités.
Gilberte grandissait donc entre cet athée intelligent, mais horriblement dévoyé, et une gouvernante qui lui enseignait fort bien l’allemand, l’anglais, l’italien et la géographie, mais fort mal ce que tout enfant doit savoir touchant la vérité et la justice.
Gilberte apprenait vite et retenait ce qu’elle apprenait; son oncle lui donna les meilleurs professeurs pour le piano, le chant, le dessin, l‘équitation, etc. Il se chargea de la philosophie et de l’histoire; aussi fit-il de sa nièce une libre penseuse comme il l’avait désiré, d’ailleurs.
De plus, la fillette jouait du billard assez habilement ainsi qu’au lawn-tennis et au cricket; elle montait tous les chevaux de l’écurie des Marnes et conduisait four in hand, ce qui, pour Simiès et ses amis, était le comble de la bonne éducation; enfin elle dansait à ravir et n’avait pas sa pareille dans les sauteries ou les matinées qu’elle pouvait seulement aborder, aspirant de toute son âme au temps où les grands bals lui seraient ouverts."
Étonnement d’Oriane (stylo plume, bleu nuit) : Gilberte, mon amie…
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